Les personnes âgées préfèrent toujours un audioprothésiste à l'ère des appareils auditifs OTC
Une enquête menée auprès de 1,013 personnes achetant des appareils auditifs pour la première fois a révélé que 84 % d'entre elles préfèrent toujours acheter par l'intermédiaire d'un fournisseur, même si le confort avec les options en vente libre augmente.
Lorsque les appareils auditifs en vente libre sont devenus légaux aux États-Unis en 2022, la plupart des médias s'attendaient à un changement rapide des habitudes d'achat : prix plus bas, absence de rendez-vous, circuits de distribution habituels. Depuis, les chercheurs se demandent si le comportement des consommateurs a réellement évolué.
Une nouvelle étude publiée dans l'American Journal of Audiology aborde la question du point de vue du consommateur plutôt que du point de vue de la clinique, en demandant à un large échantillon de personnes n'ayant jamais possédé d'appareil auditif ce qu'elles choisiraient et pourquoi.
Titre : Comprendre les choix en matière de soins auditifs et les profils des clients à l’ère des appareils auditifs en vente libre
Auteurs : Jasleen Singh, Sumitrajit Dhar
Affiliations : Département des sciences de la parole, du langage et de l’audition, Université du Massachusetts Amherst ; Département des sciences et troubles de la communication Roxelyn et Richard Pepper, Université Northwestern, Evanston, Illinois
Revue : American Journal of Audiology, publié en juillet 31 2026
Type d'étude : Enquête transversale auprès des répondants de 1,013 avec analyse de régression et de clusters
PubMed DOI : https://doi.org/10.1044/2026_AJA-26-00032
Contexte : Pourquoi les chercheurs se sont intéressés à ce sujet
Aux États-Unis, la prise en charge des troubles auditifs s'articule désormais autour de deux axes. Le parcours classique, guidé par un professionnel, implique un audioprothésiste qui teste, sélectionne, ajuste et règle l'appareil. Le parcours sans ordonnance permet à un adulte souffrant d'une perte auditive légère à modérée d'acheter directement un appareil auditif auto-réglable et de le configurer lui-même, généralement via une application pour smartphone.
Les deux parcours permettent d'obtenir un appareil auditif, mais ils impliquent des démarches très différentes. L'un requiert un rendez-vous, une prescription et souvent un paiement initial important. L'autre exige une aisance avec les achats en ligne et la volonté de gérer soi-même le réglage.
Il est important de comprendre pourquoi certaines personnes privilégient tel ou tel parcours, car le principal problème dans ce domaine n'est pas le choix de l'appareil. Le problème est que la plupart des personnes qui pourraient bénéficier d'une amplification auditive n'en reçoivent jamais et attendent généralement des années après avoir constaté leurs premiers troubles auditifs.
Méthodologie de l'étude
Les chercheurs ont administré un questionnaire de 27 items, adapté de travaux antérieurs, via les panneaux de recherche Qualtrics. Les répondants étaient des résidents des États-Unis âgés de 50 ans et plus, sans expérience antérieure d'appareils auditifs, ce qui permet de se concentrer sur la décision d'un premier achat plutôt que sur un achat de remplacement.
Les questionnaires remplis par les personnes concernées (1,013) ont été retournés. Une régression linéaire multiple a permis d'identifier les facteurs prédictifs d'une préférence pour un mode de livraison plutôt qu'un autre. L'équipe a ensuite réalisé une analyse en composantes principales, suivie d'un clustering k-means, afin de déterminer si les répondants se regroupaient en types de clients identifiables.
Un objectif secondaire était comparatif. En adaptant un instrument utilisé avant la commercialisation des dispositifs en vente libre, les auteurs ont pu observer l'évolution des attitudes des consommateurs depuis que cette option est désormais disponible.
Résultats de l'étude
Les principaux chiffres montrent des résultats contradictoires. Trente-neuf pour cent des personnes interrogées se disent à l'aise avec l'idée d'acheter un appareil auditif sans ordonnance, ce qui représente une minorité significative. Pourtant, 84 % affirment préférer un modèle géré par un audioprothésiste. Il est clair que se sentir à l'aise avec cette option et préférer cette option sont deux choses différentes.
Deux facteurs permettent de prédire le choix des personnes interrogées. La couverture d'assurance en est un, ce qui est logique : si une assurance prend en charge une partie des frais de soins professionnels, l'avantage tarifaire de l'achat sans ordonnance se réduit considérablement. L'autre concernait la position de la personne dans son parcours de soins auditifs, c'est-à-dire le chemin parcouru entre la première prise de conscience d'un problème et la recherche active d'aide.
Le regroupement a permis d'identifier trois archétypes de clients : l'Évaluateur averti, le Traditionaliste passif et le Sceptique désengagé. Ces groupes se distinguaient notamment par leur niveau d'avancement dans le parcours de soins et leur aisance à gérer les transactions en ligne.
Les Traditionalistes passifs étaient plus enclins à privilégier les soins prodigués par le prestataire que les Évaluateurs avertis. Ce contraste constitue le cœur pratique de l'étude. Un même produit peut s'avérer pertinent ou non, selon que l'audiogramme compte ou non, et selon la façon dont l'acheteur préfère prendre ses décisions.
Ce que cela signifie pour les personnes malentendantes
Il est important de comprendre que les deux options ne sont pas concurrentes pour une même personne. Elles correspondent à des styles de décision différents. Une personne qui souhaite se renseigner sur les options, comparer les spécifications et configurer son appareil elle-même trouvera son bonheur avec un appareil auto-adaptatif. Une personne qui préfère qu'un professionnel prenne en charge le résultat devrait se rendre dans un centre auditif et en tirera davantage de bénéfices.
Il est également important de considérer les appareils en vente libre comme une porte d'entrée supplémentaire vers les soins auditifs, et non comme un remplacement des soins existants. Une préférence déclarée pour les soins dispensés par un prestataire de soins (84 %) ne constitue pas un rejet des soins dispensés dans le commerce. Elle reflète une population qui n'a accès à cette alternative que depuis quelques années.
Les conclusions concernant l'assurance méritent l'attention de toute personne qui envisage cette décision. La couverture varie énormément d'un contrat à l'autre, et vérifier ce qui est réellement pris en charge par un contrat modifie considérablement les calculs avant même que toute comparaison de dispositifs ne soit pertinente.
Quand le coût et la couverture déterminent le choix
Puisque cette étude identifie la couverture d'assurance et l'étape du parcours de soins comme les facteurs qui orientent les personnes vers un choix plutôt qu'un autre, le groupe le plus touché est celui qui trouve les soins professionnels financièrement inaccessibles et qui s'arrête là au lieu de choisir les médicaments en vente libre. Lever cet obstacle, c'est précisément l'objectif de la catégorie des médicaments en vente libre.
Panda Air est conçu pour cet acheteur. C'est un appareil auditif de type écouteur, auto-adaptable OTC avec compression de plage dynamique large à 16 canaux et réduction adaptative du bruit multi-bande, et il comprend un test auditif intra-auriculaire basé sur une application qui se déroule directement sur l'appareil après livraison et programme le gain et la réponse en fréquence selon l'audiogramme de l'utilisateur, de manière similaire à un ajustement clinique. Comme l'un des appareils auditifs rechargeables avec boîtier de charge, il fonctionne pendant 60 heures avec un boîtier de charge rapide, et il est livré avec un 5 ans et 45 jours pour le retourner.
La mise en garde importante va dans le même sens que l'étude. Les appareils en vente libre sont approuvés pour les pertes auditives légères à modérées, et les aides auditives à application conviennent aux personnes à l'aise avec un téléphone. En cas de perte auditive sévère ou profonde, et pour les acheteurs correspondant au profil « traditionaliste passif », un appareillage professionnel reste préférable.

Limites de cette étude
Il s'agit d'une enquête transversale sur les préférences déclarées, et non d'un relevé des achats réels. L'écart entre les choix exprimés par les répondants et leurs achats effectifs constitue une limite bien connue de cette méthodologie. Le pourcentage indiqué pour le modèle 84 doit donc être interprété comme une tendance plutôt que comme une part de marché.
L'échantillon a été recruté via un panel de recherche en ligne, ce qui, de par sa conception, surreprésente les personnes à l'aise avec les achats en ligne. Ce facteur aurait plutôt tendance à augmenter le niveau de confort déclaré vis-à-vis des achats en ligne. Les répondants étaient tous des résidents américains âgés de 50 ans et plus, sans expérience préalable en matière d'appareillage auditif ; les résultats ne sont donc pas directement transposables à d'autres systèmes de santé ni aux personnes appareillées. Le résumé ne mentionne ni les sources de financement ni les conflits d'intérêts.
Où cela nous mène-t-il ?
Le constat qui se dégage n'est pas celui d'un marché basculant d'un modèle à l'autre, mais celui d'un marché véritablement segmenté. Environ deux personnes âgées sur cinq se sentent désormais à l'aise avec l'achat d'un appareil auditif en vente libre, tandis qu'une large majorité préfère toujours l'intervention d'un professionnel. Ces deux affirmations sont tout à fait justifiées, car elles correspondent à des profils différents. La question la plus pertinente pour toute personne devant se décider n'est pas de savoir quelle option est la meilleure en théorie, mais plutôt à quel archétype elle s'identifie et ce que couvre réellement son assurance.
Singh J, Dhar S. Understanding Hearing Health Care Choices and Customer Archetypes in an Era of Over-the-Counter Hearing Aids. American Journal of Audiology. 2026. Retrieved from PubMed. https://doi.org/10.1044/2026_AJA-26-00032


